Historique

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Voici un petit historique des événements qui ont conduit à notre mobilisation aujourd'hui, non pas contre les projets (accrobranche, Cristal Park) mais pour une valorisation intelligente du patrimoine naturel et industriel de notre belle ville.

En 2004 la société SPECI envisage le développement d'un projet immobilier d'envergure, avec le soutien de la commune de Seraing et son bourgmestre de l'époque, Alain Mathot, sur le site ces cristalleries. On parlait déjà à l'époque de la valorisation de la zone d’espaces verts en y établissant un golf en complémentarité avec la zone de loisirs prévue au projet. Cette idée a cependant été abandonnée compte tenu de la présence d’une zone Natura2000.

Les rumeurs circulent, mais rien ne bouge jusqu'en 2008...

2008, les riverains du Val Saint-Lambert, dont je fais partie, apprennent la création d'un projet urbanistique gigantesque, appelé le "Cristal Park".

Celui-ci doit s'implanter sur une superficie d’environ 145 hectares, dont 116 hectares d’espaces naturels reprenant 106 hectares de surfaces boisées, 10 hectares de prairies et couvre 25ha de zone Natura 2000.. 60 ares sont également repris sur la commune de Flémalle et sont inclus dans le projet. La commune de Seraing annonce son projet publiquement et organise quelques séances d'information, les riverains y sont invités. Ces séances d'information ont pour but de présenter aux citoyens l'ambitieux projet immobilier imaginé par la ville et pris en charge pour le déploiement par la société IMMOVAL.

Le Cristal Park est présenté comme un projet immobilier "complet" dont chaque élément est interdépendant. Ces éléments indissociables regroupent à l'époque une piste de ski indoor, un aquapark, un hôtel de luxe, un Minipolis (d'une mini-ville pour les enfants), des logements, des bureaux, des commerces,...

Seraing se dédouble et crée un centre-ville bis.

Les lotissements envisagés représentent +/- 290 habitations, dont 110 maisons unifamiliales et 180 appartements sur +/- 20 hectares, 50 hectares bâtis si on ajoute les espaces de bureaux. On peut dès lors imaginer l'augmentation significative de la densité de population et l'impact à plusieurs niveaux sur l'environnement global du Val Saint-Lambert.

Les lotissements doivent voir le jour en pleine forêt, disposant en partie d'une zone Natura 2000, de zone d'intérêt paysager comme la prairie "les macrales" et la "Terre au choux". Une abomination urbanistique, une bombe pour la biodiversité.

Nous sommes également informés que les rues de nos quartiers vont être modifiées pour permettre d'accueillir le flux des nouveaux résidents, visiteurs et travailleurs sur le site (bureaux, commerces, etc.). On peut dès lors imaginer l'explosion de la fréquentation du site et l'impact sur les citoyens.

Que dire de la mobilité, ce projet n'envisage pas d'alternatives concrètes à la voiture pour se rendre sur le Cristal Park. D'ailleurs, pour répondre à la densité de visiteurs, la création de parkings à l'entrée de site est envisagée dans le R.U.E. (Rapport Urbanistique et Environnemental). Ce rapport arrivera seulement en 2012...

Le volume et la superficie au sol des commerces attendus sont colossaux, on nous annonce une surface bâtie équivalente, voire plus, à celle du site d'IKEA de Rocourt (Vidéo présentation Cristal Park https://youtu.be/mWjMfFwYA-g).

La presse va d'ailleurs copieusement relater la venue de ce projet sur le sol sérésien. Souvent décrit comme un ascenseur économique, un gros pourvoyeur d'emplois, mais aussi une bouée de sauvetage pour la cristallerie... Bref, l'argument "JOB, JOB, JOB" fait des émules à l'époque et que ne sacrifierions-nous pas pour tant d'emplois créés, l'argument fait mouche auprès des citoyens ! Le comité de quartier, dont je fais partie, n'est quant à lui pas convaincu par les arguments avancés et va se mobiliser. Il commencera par entreprendre de nombreux contacts auprès de diverses associations ou divers experts en vue de mieux comprendre les différents enjeux. Nous organiserons également une promenade avec des représentants politiques de différents partis afin qu'ils puissent se rendre compte, sur place, des impacts du projet sur le quartier.

2012, un R.U.E. portant sur le Cristal Park (Rapport Urbanistique et Environnemental) est rédigé et est soumis à la population pour enquête publique. Il regroupe pas moins de 421 pages (sans les annexes) consultables en dehors des heures de bureau au service de l'urbanisme (Schéma d'élaboration d'un R.U.E. : http://lampspw.wallonie.be/dgo4/tinymvc/apps/amenagement/views/documents/directions/dal/rue/tableau_procedure.pdf). Une consultation rendue laborieuse en raison des horaires d'ouverture et la quantité de pages à analyser.

Suite à cette consultation, le comité de quartier va réagir et enverra son avis à la commune. Cette dernière reprendra seulement sur la première page du rapport final et modifié, la mention, "Rapport final à l’enquête publique version amendée de manière mineure". 4 années passeront, sans que rien ne sorte de terre, seule une première phase de dépollution du site des cristalleries est entreprise. Celle-ci est réalisée par la Spaque, mais interrompue à plusieurs reprises en raison de vols de matériel et de dégradations. Aujourd'hui, plus aucune activité de dépollution n'est visible sur le site. L'activité des cristalleries est quant à elle poursuivie à plus petite échelle. Nous n'en savons pas plus.

2016, surgissant de nulle part, la société IMMOVAL S.A. (représentée par Pierre Grivegnée) nous annonce la création d'un projet d'accrobranche porté par la société ECO PARK ADVENTURE. Cette activité n'a jamais été mentionnée dans le R.U.E.

Printemps 2016, les riverains sont conviés à une séance d'information organisée par Pierre Grivegnée au château du Val Saint-Lambert. L'objectif de cette rencontre est de présenter la société ECO PARK ADVENTURE (société française), qui s'est portée acquéreuse d'une partie des terrains et envisage d'y développer une activité d'accrobranche. La demande de permis d'urbanisme englobe une superficie de 17 hectares entièrement clôturés (hauteur 2M20) fermant les accès aux chemins, empiétant sur une zone Natura 2000, rendant inaccessibles 2 des 3 étangs de pêche, imposant une entrée payante.

En réponse à cette annonce, nous décidons de réagir et reprenons de nouveaux contacts avec diverses associations pour les alerter et empêcher le projet de se faire et protéger la zone Natura 2000. 3 années passent, rien ne bouge, aucune nouvelle du projet, pas d'affichage public, pas d'engins de chantier, tout laisse supposer que ce projet est lui aussi, comme la piste de ski, classé sans suite...

4 mars 2019, coup de tonnerre, tout s'accélère. Nous sommes avertis par une voisine de la présence de géomètres qui balisent le terrain dans nos quartiers. L'un d'eux, en boutade, lui annonce "qu'il va y avoir une tyrolienne derrière chez elle comme à Durbuy". Aucune enquête publique n'a encore été menée jusque-là, aucune information n'est relayée par la commune auprès des habitants...

6 mars 2019, je décide de prendre contact avec le service de l'urbanisme pour connaître l'état d'avancement du dossier, on n'y croit pas... - le permis a été une première fois refusé, le porteur de projet (ECO PARK ADVENTURE) doit revoir sa copie sur les recommandations du DNF. Les contacts pris préalablement avec le service du DNF, juste après l'annonce du projet en 2016, nous laissent penser que ça ne va pas être simple pour ECO PARK ADVENTURE, car le DNF avait rendu un avis négatif...

Mon contact au service de l'urbanisme de Seraing, appelons-le Monsieur T., m'invite à le rappeler régulièrement pour pouvoir suivre le dossier. Son ton est plutôt calme quant au délai de réponse, il semble qu'on ait bien le temps avant d'avoir un retour du permis en raison de la lourdeur administrative (nous sommes toujours début mars). J'attends donc jusqu'au 4 avril pour le recontacter.

04 avril 2019, je rappelle le service de l'urbanisme, Monsieur T. m'annonce que le permis a finalement reçu l'avis favorable du DNF et qu'il va passer au collège communal le 05/04, soit le lendemain. Stupéfaite, je l'interpelle sur le fait qu'aucune enquête publique n'a été menée et il me répond naturellement qu'il n'y en aura pas, que ce n'est pas obligatoire dans ce cas de figure - pas de recours possible (sauf conseil d'État). 05/04/19 le collège communal approuve le permis. Plus d'espoir...

05/04/19 Je décide de ne pas en rester là, de trouver quelques personnes pour réagir et je décide créer un groupe via Facebook que j'appellerai "Pour un petit bout de bois", s'ensuivra une pétition. Tout au long du mois d'avril la pétition va faire son petit bonhomme de chemin pour récolter, fin mai 2019, plus de 4400 signatures. De nombreux contacts sont également entrepris pour trouver de l'aide et du conseil. Je ne compte plus le nombre d'appels, de mails, de rencontres etc. Il faut tenter de comprendre les avis juridiques se dépatouiller avec le jargon administratif, trouver les bonnes informations, récolter des documents, se défendre, se fâcher, parfois des coups dans l'eau, parfois des petites victoires...

Ce fût notamment le cas avec l'asbl Itinéraires Wallonie qui enverra, suite à mon interpellation, une lettre de mise en demeure à la commune pour imposer le retrait des clôtures, car celles-ci empiétaient, entre autres, des chemins empruntés depuis plus de 30 ans.

29/04/19 Conseil communal, j'invite les membres du groupe "Pour un petit bout de bois" à participer à la séance publique, où le dossier accrobranche est mis à l'ordre du jour. Je souhaite montrer que derrière la pétition virtuelle, se trouvent aussi des vraies personnes et faire pression. Nous serons finalement une poignée, mais c'est déjà ça. Suite à la mise en demeure d'itinéraires Wallonie et de la pétition, le Collège annonce qu'il retire les clôtures du site d'accrobranche, mais n'envisage pas pour autant de réaliser une enquête publique (il y a quelque chose de bizarre ici car il s'agit d'un nouveau permis d'urbanisme, qui n'a apparemment pas reçu tous les avis nécessaires avant de remplacer le précédent).

06/05/19 Je rencontre une avocate spécialisée pour avoir un avis sur un recours éventuel. Nous avons eu réponse le 15 mai, le recours est possible, mais il faut le financer. Depuis le 18/05/19 un collectif a été créé et un plan de communication est en cours de construction avec un site et un projet de financement pour un recours. La partie est loin d'être terminée et d'après plusieurs échos, notre situation et celle ce notre bois est grave. Le projet d'accrobranche n'est que le sommet de l'iceberg et il faut s'attendre au pire. En effet, le projet Cristal Park, en sommeil depuis 2012, n'est pas abandonné et vient s'additionner au projet d'accrobranche. Et, comme toujours, nos seules informations sur l'évolution du projet nous sont rapportées par la presse.

Malgré plusieurs interpellations par les membres de notre groupe auprès de la commune, aucune réponse n'est apportée, seuls des accusés de réception des mails viennent en échos à nos envois. Nous ne lâchons rien, nous cherchons des alliances, des arguments pour, si pas l'empêcher, contrôler l'impact du projet, proposer des alternatives, se montrer proactifs !

Les protagonistes :

  • La ville de Seraing, qui est propriétaire des terrains.
  • IMMOVAL SA qui étudie un projet immobilier mixte sur le site du Val St Lambert. Immoval (dont SPECI et la Ville de Seraing sont actionnaires) est actuellement propriétaire de certains bâtiments du site (Château, Abbaye, Maison des Etrangers, Maison Deprez, Tailleries, Studio). Les terrains du site sont à ce jour propriété de la Ville de Seraing ou de la Maison Sérésienne ; un compromis de vente est établi sur ces terrains. Les bâtiments et terrains industriels sont à ce jour propriété de la Cristallerie du Val St-Lambert sa (dont SPECI est actionnaire). Les zones forestières et de parc restent propriété publique.
  • La VAL SAINT LAMBERT DEVELOPPEMENT SA (dite VSLD SA) qui est une société de promotion immobilière. Celle-ci vise, pour son compte, notamment le développement du village commercial. Elle vise, au travers du projet, à acheter les terrains de la Cristallerie.
  • ERIGES, la régie communale a été engagée par la SA SPECI pour la gestion du projet Cristal Park, et apporte son expertise quant à l’intégration du projet Cristal Park dans le Master Plan adopté par la Ville de Seraing.
  • La SA SPECI, actionnaire de Val Saint-Lambert Développement est en charge du Project Management du projet Cristal Park dans son ensemble. SPECI agit en tant que maître d’ouvrage délégué.
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